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Vox Civilis

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"C'est à ta photo posée sur la table que j'ai souhaité bonne fête papa..." 
Mon papa adoré :
J'espère que tu vas bien.
Aujourd'hui c'est encore un de ces jours où tu n'es pas à mes côtés. A chaque fois que tu me manques j'écris une lettre ou je regarde la montre bleue que tu m'avais achetée pour mon anniversaire pour voir que pendant ton absence le temps passe si vite, je grandis et que ma taille augmente de jour en jour.
Aujourd'hui c'est la fête des pères, nous t'avons acheté des cadeaux et fait une célébration mais ça fait six mois que tu n'es plus là, alors j'ai mis ta photo sur la table, c'est à elle que j'ai souhaité bonne fête et c'est avec elle que j'ai parlé. J'espère que des anges bienveillantes t'apporteront nos voeux pour la fête des pères.
Mon papa adoré, notre fête d'aujourd'hui aussi a été gâchée par les pleurs de maman. Il y avait plein d'émissions à la télé à l'occasion de la fête des pères, mais moi je n'ai pas pu les regarder : ils montraient tout le temps des enfants qui offraient des fleurs à leur père, avec des voeux, ils parlaient et étaient joyeux et heureux. Ils n'ont pas pensé un instant à nous les enfants qui n'avons pas nos pères auprès de nous et c'est pour ça que j'étais très bouleversée et j'ai éteint la télé.
Mon papa adoré, j'ai juste un voeu et c'est que tu reviennes et que tu restes avec moi pour toujours.
Je t'attends et veux que tu reviennes au plus tôt.
Sahel, a été séparée de son père le 4 janvier 2010 lorsque les services secrets l'arrêtent à son lieu de travail ... le lycée de Pakdasht, un village à 30 km au sud de Téhéran. Son crime : avoir transmis un clip vidéo et utilisé son téléphone portable pendant les manifestations du 27 décembre 2009. Ce jour-là Abdolreza Ghanbari marchait dans dans les rues de Téhéran, comme des dizaines de milliers de femmes et d'hommes qui réclamaient leurs libertés fondamentales et leurs droits civiques.
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11 ans de prison pour l'avocate et militante Nasrin Sotoudeh 
Les tribunaux iraniens ont condamné l'avocate Nasrin Sotoudeh à 11 ans de prison pour son action en faveur des droits de l'Homme, allongeant la liste des personnalités lourdement condamnées après les manifestations post-électorales de juin 2011.
Mme Sotoudeh, arrêtée en septembre, a également été condamnée à 20 ans d'interdiction d'exercer son métier d'avocate et de quitter l'Iran, a annoncé son mari, M. Reza Khandan,
Elle a été reconnue coupable "d'actions contre la sécurité nationale, propagande contre le régime et appartenance au Centre des défenseurs de droits de l'Homme" iranien, un groupe de défense des droits de l'Homme fondé par le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi.
Le lundi 20 décembre 2010, sept militantes des droits de l'homme et activistes du Mouvement des femmes en Iran, notamment Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, et Parvin Ardalan, militante, journaliste et lauréate du prix Reporters sans Frontières du Net-citoyen 2009, ont organisé un sit-in devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève.
"Nous demandons à toutes les personnes éprises de liberté dans le monde, soutenant les droits de l'homme et militant pour ceux des femmes, de soutenir notre demande de libérer l'avocate iranienne, Nassrin Sotoudeh, le plus rapidement possible", ont déclaré les sept militantes.
Reporters sans frontières s'est joint à cet appel.
Lundi 6 décembre 2010, Nasrin Sotoudeh, défenseure des mineurs condamnés à mort, avocate de nombre de prisonniers politiques, entamait, de nouveau, une grève de la faim. Pendant que son procès se tenait, cette avocate, mère de deux jeunes enfants, connue de presque tous les activistes politiques iraniens, a été maintenue en cellule isolée. Dimanche 5 décembre, Reza Khandan, l'époux de Nasrin Sotoudeh déclarait que le juge a décidé de prolonger la détention arbitraire de Mme Sotoudeh sans que le chef d'inculpation ne soit annoncé à ses avocats.
En protestation contre son arrestation en août 2010, Maître Sotoudeh a entrepris une grève de la faim qui a gravement mis en danger sa santé et qu'elle a suspendue dans l'espoir que son procès se déroulerait au plus tôt.
Dans un contact téléphonique avec sa famille, lundi 6 décembre 2010, Maître Sotoudeh a dit son intention de cesser, non seulement, de s'alimenter mais aussi de boire puisque sa détention provisoire dépassait les 95 jours, que son procès s'était tenu sans que ne soit respectée aucune des règles de base de la procédure. Mme Sotoudeh a, par ailleurs, protesté contre les menaces dont ses avocats ont fait l'objet et également contre le fait qu'elle n'avait pas été immédiatement informée du décès de son père et n'avait pu assister à ses obsèques.
S.F
http://www.akhbar-rooz.com/news.jsp?essayId=34020
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Les témoins en prison, les meurtriers en liberté. 
Leyla Tavasoli, le témoin direct de la mort de Shahram Farajzadeh, écrasé intentionnellement en plein jour par une voiture de police le jour de la cérémonie religieuse de Ashura, alors que les forces de sécurité avaient violemment réprimé une population pacifique, le 27 décembre 2009, a été condamnée à deux ans de prison.
Leyla Tavasoli avait relaté les détails de ce meurtre, aux méthodes peu communes, à la BBC et avait été, dès lors, accusée de propagande contre le régime. Elle a été emprisonnée à la prison d'Evine, dimanche 5 décembre 2010, alors qu'elle venait de se marier deux semaines plus tôt.
Le hasard a voulu que ce témoin soit aussi la nièce de Ebrahim Yazdi, membre du Mouvement de Libération de l'Iran, parti de Mehdi Bazargan, chef du premier gouvernement intérimaire post-révolutionnaire, démissionnaire en novembre 1979. Ebrahim Yazdi se trouve lui aussi détenu alors qu'il est souffrant et âgé de 80 ans.
Emaddedin Baghi, journaliste qui a enquêté sur les assassinats politiques d'intellectuels de la fin des années 1990, initiateur d'une campagne pour les droits des prisonniers et contre la peine de mort, lauréat de nombreux prix pour les droits de l'homme -dont Martin Ennals 2009- a été, de nouveau, emprisonné.
Selon son épouse, depuis son précédent séjour en prison, M. Baghi souffre, entre autres, de problèmes respiratoires graves. En décembre 2009, après les funérailles interdites de l'ayatollah Montazeri, chef religieux critique du pouvoir depuis des années et soutien du mouvement de protestation, M. Baghi qui avait longuement interviewé l'ayatollah Montazeri a passé plus de 50 jours en cellule isolée. Les différents lieux où il a été détenu étaient insalubres.
Issa Saharkhiz, journaliste qui avait dénoncé les menées du guide et les préparatifs de la fraude avant juin 2009, arrêté avant même la tenue du scrutin, soumis à de multiples tortures, a été opéré dans le dispensaire de la prison Rajaee Shahr. Son fils a exprimé ses plus vives inquiétudes quant à son état de santé après une opération chirurgicale effectuée dans des conditions incertaines.
Nasser Golparipour, le père de Habibollah Golparipour, jeune prisonnier politique kurde, condamné à la peine de mort, a déclaré que son fils avait fait une demande de grâce qui est en cours d'examen.
S.F
http://www.roozonline.com/persian/news/newsitem/article/-008206467c.html
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Neda, les yeux grand ouverts 
Aucun témoignage de torture en prison, de sévices et de mort de prisonniers politiques ne provoqua jamais une émotion aussi vive, forte et universellement partagée que les images des derniers instants de Neda. La scène est insoutenable et l'auteure de ces lignes a longtemps refusé de la voir avant d'y être, pour ainsi dire, forcée. Je ne peux plus la revoir une deuxième fois jusqu'au bout mais je me la remémore parfaitement, faute de pouvoir l'oublier.
Une jeune femme fait quelques pas sur le bitume d'une rue de Téhéran puis s'affaisse le souffle coupé. Elle s'assoit sur le bitume. On voit cette scène de face, elle porte un jeans, ses jambes et ses bras perdent toute énergie comme si elle allait s'évanouir. Puis soudain le sang gicle sur son visage, quelque part depuis sa poitrine, de ses vêtements, du manteau de rigueur, partie obligatoire de la tenue islamique qu'elle doit porter sur son T-shirt et son jean. Le sang recouvre maintenant toutes ses formes. On voudrait lui dénouer vite son foulard, lui retirer son manteau qui lui coupe le souffle, trouver la cause de son essoufflement, trouver vite la source de ce sang qui gicle, arrêter l'hémorragie. Elle tombe doucement sur le dos.
Autour d'elle, un vieil homme et deux ou trois jeunes s'agitent, parlent puis crient de plus en plus fort.
N'aie pas peur, Neda, N'aie pas peur ! hurle une voix dévorée d'angoisse, une voix forte d'homme qui devient elle-même de plus en plus stridente et aiguë.
Le sang gicle maintenant de sa bouche. Neda tourne ses grands yeux vers la droite, vers cette personne qui essaie de la ramener à la vie. Les cris vont crescendo. Soudain, les grands yeux ouverts de Neda tournés vers la droite cessent de se mouvoir.
L'objectif du petit téléphone portable qui filme la scène se trouve aussi à droite de Neda étendue sur le bitume. Le dernier signe de vie, c'est son regard qui se tourne vers nous puis cesse de bouger. L'instant où ses yeux immenses cessent de se mouvoir, quelque chose s'est effondré en moi.
Neda est morte les yeux ouverts, ce serait une honte si nous continuons de vivre les yeux fermés, lit-on désormais sur les feuilles que les manifestants portent en guise de placards et de slogans.
Cette scène obsédante de Neda qui garde ses immenses yeux ouverts dans la mort est décisive à plusieurs égards : elle donne un visage à la contestation. Elle dévoile aussi une violence brute qui ne s'exerce pas seulement dans la pénombre des cachots mais dans la rue et aux yeux de tous. Elle met aussi à jour la machinerie de la propagande d'Etat qui élabore les explications les plus contradictoires et les plus indécentes pour justifier la mort de Neda en qualifiant la jeune femme tantôt de martyre de l'impérialisme, tuée par un correspondant de la BBC tantôt d'actrice hors pair morte pour s'attirer une gloire mondiale.
Sepideh Farkhondeh
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Neda et le combat pour la vérité Les images des derniers instants de Neda tuée furent tellement fortes et révoltantes qu'elles ne tardèrent pas à embarrasser les autorités, d'autant que la population sur place s'était emparée d'un milicien fortement soupçonné d'avoir tiré le coup de feu fatal.
Les gens avaient confisqué sa carte du bassidj qui fut scanné et mis en ligne quelques jours plus tard.
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Sohrab, le sort des victimes et le combat des familles 
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Condamnation de Maître Seifzadeh et appel au Commissaire des Nations Unis pour les Droits de l'Homme 
Samedi 30 octobre 2010, la section 15 du tribunal révolutionnaire de Téhéran condamne Maître Mohammad Seifzadeh à neuf ans de prison et dix ans d'interdiction d'exercer. Maître Seifzadeh est accusé d'avoir agi "contre la sécurité nationale" pour avoir contribué à fonder le Centre des Défenseurs des Droits de l'Homme. Abdolfattah Soltani et Mohammad Ali Dadkhah, deux autres avocats éminents, cofondateurs de ce centre, sont également poursuivis pour des chefs d'inculpation semblables.
Nasrin Sotoudeh, emprisonnée depuis le 4 septembre 2010 est également membre ce centre. Maître Mohammad Oliyaiefard purge actuellement une peine d'un an de prison pour avoir été interviewé par la presse sur le cas de l'un de ses clients.
«L'appareil judiciaire iranien doit arrêter de cibler systématiquement les défenseurs des droits de l'homme et les avocats qui sont condamnés à de lourdes peines de prison uniquement pour leurs activités en faveur des droits de l'homme et parce qu'ils défendent leurs clients » a déclaré, dimanche 31 octobre, l'avocate et prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, dans une déclaration commune avec la Ligue iranienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LIDDH) et la Campagne internationale pour les Droits de l'Homme en Iran.
«Je demande à la Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations Unies de réagir, d'exiger l'acquittement de M. Seifzadeh et de rappeler au gouvernement iranien ses obligations [en accord avec la Déclaration de 1999 des Nations Unies concernant les Défenseurs des Droits de l'Homme]. »
Dans une interview avec le journal en ligne roozonline.com, Shirin Ebadi regrette que les juges soient devenus des « instruments des agents de renseignement ». Elle rappelle que M. Seifzadeh était un juge respecté avant la révolution. Après 1979, s'apercevant que l'appareil judiciaire n'était pas en mesure de faire respecter la justice, il a renoncé à la fonction de juge et décidé de devenir avocat au barreau notamment pour prendre la défense des droits de l'homme. Shirin Ebadi rappelle que M. Seifzadeh a été son avocat personnel lors de sa détention à la suite des événements liés à l'attaque sanglante contre le campus de l'université de Téhéran en 1999. C'est de là que date sa coopération avec M. Seifzadeh. Dans le Centre des Défenseurs des Droits de l'Homme, Seifzadeh coordonnait l'équipe d'avocats qui défendaient gratuitement les prisonniers politiques et les prisonniers de conscience.
M. Seifzadeh déclare à roozonline.com qu'il n'acceptera pas le jugement du tribunal révolutionnaire qu'il considère comme politique : « Tant que je suis en vie, je résisterai à la décision d'un juge qui n'a pas de connaissance juridique...Aucun juge indépendant n'admettra que ce jugement soit autre chose que la déclaration politique d'un parti à l'encontre des avocats indépendants. »
« Pour la première fois, un avocat est condamné à la prison et privé du droit d'exercer sa profession uniquement pour ses activités en faveur des droits de l'homme et pour avoir défendu ses clients. Interdire l'exercice de son métier à un avocat est une violation de l'indépendance du Barreau. La seule institution qui est habilitée à émettre un tel jugement, à savoir interdire à un avocat d'exercer définitivement ou temporairement son métier, est le tribunal disciplinaire des avocats eux-mêmes et non des tribunaux révolutionnaires » a déclaré Karim Lahidji, président de la LIDDH et vice-président de la FIDH.
Shirin Ebadi, la LIDDH et la Campagne internationale pour les Droits de l'Homme en Iran expriment leur profonde inquiétude face à la persécution systématique des défenseurs des Droits de l'Homme et ses conséquence sur la capacité des avocats à représenter dignement leurs clients.
« Comment peut-il y avoir un semblant de procès équitable pour les prévenus quand leurs avocats finissent systématiquement en prison pour avoir simplement exercé leur métier ? » demande Hadi Ghaemi, le porte-parole de la Campagne Internationale pour les Droits de l'Homme en Iran.
S.F
http://www.roozonline.com/persian/news/newsitem/article/-7202228f8d.html
http://www.iranhumanrights.org/2010/10/lddhi-campaign-seifzadeh/
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Le père de Hamed Rouhinejad : « Ils veulent tuer mon fils ou en faire un handicapé ! » 
Le père de Hamed Rouhinejad, étudiant arrêté le 3 mai et condamné à 10 ans de prison pour incitation à la révolte lors des contestations post-électorales a déclaré que l'état de santé de son fils était alarmant et que les responsables des services de renseignements interdisaient à sa famille de lui rendre visite ou de lui téléphoner.
Hamed Rouhinejad souffre de la sclérose en plaques, une maladie aggravée par les pressions physiques et psychologiques auxquelles Hamed est soumis.
Cet étudiant en philosophie de l'Université Shahid Beheshti de Téhéran, a été transféré à la prison de Zanjan, loin du lieu de résidence de sa famille, en août 2010. Depuis début octobre, Hamed est confiné dans une cellule isolée.
Mohammad-Reza Rouhinejad, le père du jeune homme a déclaré à la Campagne Internationale pour les Droits de l'Homme en Iran : « Ils veulent délibérément tuer mon fils en prison ou en faire un handicapé (...). Avant d'être emprisonné, Hamed était sous traitement depuis quatre ans. Mais depuis qu'il est en prison, ils ne lui ont pas donné ses médicaments à temps, il n'a reçu aucun soin médical. Sa santé s'est aggravée et il a perdu la vision. Les hôpitaux Farabi et Imam Khomeini ont confirmé qu'il perdait la vision en raison de l'aggravation de la sclérose en plaques. Hamed souffre aussi maintenant de problèmes à l'estomac, à l'urètre et aux reins. Mais personne ne vient en aide à cet enfant. »
« La dernière fois que je l'ai vu à la prison, c'était derrière une cabine. Il allait très mal et je peux affirmer que s'il reste encore en prison, il va périr. Je voyais qu'il pouvait à peine bouger ses mains. Il m'a dit que la maladie avait affecté son audition aussi. Il ne lui reste plus que 20% de sa vision. Il m'a dit ma tête me fait si mal, je l'entoure d'une serviette chaque nuit, en espérant pouvoir dormir une demi-heure. »
Le père de cet étudiant de 23 ans dit avoir écrit au procureur de Zanjan et au procureur de Téhéran puis s'être rendu à la Cour Suprême pour réclamer de pouvoir rendre visite à son fils. Ce droit ne lui a pas été accordé. En désespoir de cause, il en appelle, une nouvelle fois, aux organisations internationales des droits de l'homme.
S.F
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Abdollah Momeni, prisonnier politique, leader étudiant de renom écrit à Ali Khamenei, le guide de la République islamique d'Iran. Extraits de la lettre d'Abdollah Momeni à Ali Khamenei :
« Au nom de Dieu
Ayatollah Khamenei, leader de la République islamique d'Iran,
Pendant ma détention à la prison Evine, j'ai eu un jour l'occasion d'entendre votre discours à la télévision. Vous parliez de l'importance de s'opposer à l'injustice et d'observer l'équité et la justice.
Ce jour-là, j'ai décidé de vous écrire en pensant que, peut-être, les informations sur la situation des prisons ne vous parvenaient pas. Peut-être ne savez vous pas que non seulement à Kahrizak [lieu de viols et de meurtres de plusieurs manifestants arrêtés...] mais aussi à Evine, les prisonniers sont privés des droits les plus élémentaires et soumis aux pires formes d'abus physiques et psychologiques destinés à briser leur identité et à leur extorquer de fausses confessions.
Alors que je subissais avec d'autres les pires tortures pour me forcer à avouer des crimes que je n'avais pas commis, vous avez utilisé la tribune des prières de Eid-e-Fetr pour dire : « tout ce que les personnes accusées disent à propos d'eux-mêmes dans les tribunaux est crédible ».
C'est alors que j'ai décidé d'écrire une lettre pour décrire les tortures, les traitements illégaux et contraires à l'islam que j'ai reçus en prison.
J'écris cette lettre pour recevoir une réponse à cette question : « Est-ce que les confessions extorquées par des méthodes si inhumaines et contraires à l'éthique sont, à vos yeux, valables ou non ? »
J'ai l'espoir qu'une commission d'enquête fera la lumière sur ce que j'ai subi lors de mon incarcération et de mes interrogatoires.
J'apporte mon témoignage comme une personne emprisonnée par la République islamique d'Iran pendant que vous étiez au pouvoir... J'espère que ce témoignage ne provoquera pas des pressions supplémentaires et ne rendra plus difficile encore mon séjour en prison...
Je suis aujourd'hui en prison parce que j'ai été identifié comme un critique de la République islamique d'Iran... »
Abdollah Momeni rappelle ensuite ses activités de leader étudiant engagé à l'Université Allameh Tabatabaie de Téhéran entre 1996 et 2005 qui lui ont valu d'avoir passé, jusqu'à aujourd'hui, 200 jours, isolé, en cellule de confinement puis revient sur ses conditions de détention :
« Les coups, les insultes, les humiliations et les mauvais traitements ont commencé dès les premiers moments de mon arrestation. Lors de mon arrestation, on a utilisé du gaz lacrymogène...Alors que respirer ce gaz dans un espace confiné m'étouffait et m'empêchait de me mouvoir, les agents m'ont roué de coups et m'ont confié à leurs supérieurs de la prison Evine avec le nez, la bouche et les dents en sang et les pieds et les mains enchaînés...Quand je disais à la vingtaine d'agents [qui étaient venus pour m'arrêter] que je me plaindrais d'eux au juge, ils répliquaient par des insultes à mon encontre et contre le juge...Et tout cela n'était, pour les agents, qu'un échauffement contre mon corps et de mon âme...
Dès le début, les agents me répétaient que le régime avait subi des fissures et me promettaient que nous allions tous être exécutés. L'attente de la réalisation de cette promesse me hantait surtout quand, à n'importe quel moment de la nuit ou du jour, l'on me déplaçait d'une cellule à une autre sans aucune explication...Pendant les 86 jours que j'ai passé seul en cellule d'isolement, je n'ai jamais vu la couleur du ciel. Pendant mes 7 mois de détention dans les sections 209 et 240 de la prison, je n'ai pu sortir que 6 fois dans la cour de la prison...
La cellule individuelle qui j'occupais ne mesurait que 1,6 mètres par 2,2 mètres. La largeur de la cellule était plus petite que ma taille si bien que je ne pouvais m'étendre que dans une seule position...Un sceau métallique était posé sur le trou des égouts avec un robinet au-dessus pour que le prisonnier n'ait pas à sortir même pour faire ses besoins élémentaires...La position de cette cellule qui ressemblait à une tombe était telle que le Ghibleh (la direction de la prière) était dans la même direction que le sceau que je viens de décrire et que je ne me trouvais qu'à quelques centimètres des toilettes quand je faisais ma prière...Il y avait aussi un projecteur allumé en permanence pour nous empêcher de dormir...
Les interrogateurs m'ont à plusieurs reprises étranglé au point de me faire perdre conscience...Pendant des jours entiers après ces strangulations, j'ai souffert d'une douleur si forte dans le cou et la gorge que boire et manger m'étaient devenus insupportables...Par moments, l'interrogateur lui-même souffrait à force de frapper. Je me souviens qu'après avoir reçu des coups dans la bouche, l'interrogateur me frappait avec le dos de sa main car ses doigts avaient été écorchés par les coups qu'ils donnaient... »
Abdollah Momeni décrit dans la suite de sa lettre comment ses cris de douleur étaient utilisés pour démoraliser les prisonniers qui subissaient des interrogatoires dans les pièces voisines. Il raconte comment on a tenté de le forcer à écrire contre ses amis et ses proches. Il mentionne le sens des insultes que ses interrogateurs proféraient non pas seulement contre les prisonniers mais aussi contre certains réformateurs, en particulier, les anciens candidats à la présidentielle Moussavi et Karroubi. Certains insultes étaient tellement grossiers et vils qu'Abdollah Momeni dit ne pouvoir les écrire tels quels. Il décrit les tortures que ses geôliers lui ont fait subir pour lui faire avouer de prétendues relations sexuelles illégitimes. Et leurs menaces face à sa résistance. Les geôliers l'ont, en particulier, constamment menacé de viols et de sévices sexuels.
Abdollah Momeni conclut ainsi sa lettre :
« Plus de 400 jours se sont écoulés depuis mon arrestation. Malgré une libération provisoire sous caution, j'ai été, de nouveau, emprisonné pour avoir refusé de confesser des crimes imaginaires contre moi-même et mes proches. Je veux que tout le monde sache que j'ai toujours les mêmes croyances et convictions qu'avant mon arrestation...
Notre crime a été et est de continuer de croire que la réforme et la démocratie sont les stratégies les plus appropriées pour améliorer le sort de notre nation. Notre crime est d'avoir exigé que des limites soient imposées aux pouvoirs illimités d'institutions non démocratiques... »
Août 2010.
Traduction IranVox/S.F
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Bahareh Hedayat Le nom de Bahareh Hedayat vient d'être proposé, le 13 septembre, par un groupe d'Iraniens aux parlementaires européens comme l'une des candidates du prix Sakharov 2010.
Bahareh Hedayat est une jeune femme condamnée à neuf ans et demi de prison pour ses activités au sein de l'Organisation du Renforcement de l'Unité qui regroupe les associations estudiantines et dont elle a, notamment, été la porte-parole et l'une des dirigeantes.
Première responsable de la Commission des femmes dans cette organisation, Bahareh Hedayat est également une militante des droits des femmes, membre de la Campagne de un Million de Signatures pour l'égalité juridique entre les hommes et les femmes.
Au sein des organisations estudiantines, elle a, entre autres, oeuvré contre les règles visant à limiter le nombre de femmes à l'université en instaurant des quotas.
Sa participation à une manifestation contre l'adoption, en 2006, de lois discriminatoires envers les femmes a valu à Bahareh Hedayat d'être arrêtée et condamnée à deux ans d'emprisonnement avec sursis. Elle a été, de nouveau arrêtée, en 2007, en 2008 et en mars 2009.
La répression des manifestations post-électorales de 2009, loin de faire taire Bahareh Hedayat, l'a encouragée à s'engager davantage.
Arrêtée le 31 décembre 2009, Bahareh Hedayat a notamment été condamnée pour insultes au président et insultes au Guide Suprême. Ses activités de leader étudiante et ses écrits ont été considérés comme des appels à la conspiration contre la sécurité nationale.
En février 2010, Bahareh Hedayat a pu recevoir la visite de son mari et lui a confié que, parmi ses chefs d'inculpation, figurait la participation aux manifestations post-électorales, tout particulièrement celle du 18 septembre 2009 et celle de Ashura, le 27 décembre 2009. L'avocat de Bahareh Hedayat a récusé les accusations d'insultes en arguant que le fait de faire part aux médias des slogans scandés dans la rue par des manifestants ne pouvait être considéré comme des insultes. Mais les interrogatoires et le procès de cette jeune femme n'ont pas suivi les règles élémentaires de la procédure. Et elle se retrouve condamnée à l'une des plus lourdes peines infligées aux personnes arrêtées en 2009, 9 ans et demi de prison, pour son engagement en faveur des droits civils.

IranVox/S.F


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« C'est toi la poussière, plus basse que terre Je suis la lumière, je suis l'amour même Le gage des amants Tu es la violence et l'aveuglement Le halo éteint, le cauchemar obscur Je suis la vaillance, l'intrépidité Et cette terre que tu as privée d'amour Je la reprendrai ». En réponse à Ahmadinejad qui a traité la population en colère de bois mort et de poussière, ce poème est apparu sur les pancartes des manifestants. Traduction : Sepideh Farkhondeh. Ajouter un commentaire
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